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Tournage en centre esthétique : comment nous nous inspirons des vidéos qui marchent, et adaptons le ton à chaque centre

Par Dishant Ranganathan · 6 min de lecture

Une vidéo qui marche n'est presque jamais un hasard. Derrière, il y a une mécanique : une question posée dès la première seconde, une réponse retenue jusqu'au bon moment, une chute que l'on a envie d'envoyer à quelqu'un. Cette mécanique se reconnaît, se décortique, et se transpose.

Avant chaque tournage, nous faisons donc deux choses. Nous cherchons les vidéos qui fonctionnent, dans l'esthétique et ailleurs. Puis nous les adaptons au centre que nous filmons, à son équipe et à sa façon de parler à ses clientes. Une même idée ne se tourne pas de la même façon chez un médecin et dans un centre d'épilation qui aime l'humour.

Une réserve de vidéos qui marchent

Nous tenons une veille permanente : comptes de médecins, de cliniques et d'instituts, en France et à l'étranger, mais aussi créateurs qui n'ont rien à voir avec l'esthétique. Une vidéo de cuisine ou de sport peut porter une mécanique parfaite pour expliquer un soin.

Chaque vidéo retenue devient un dossier, rangé par centre. Son nom ne reprend pas la légende de la vidéo d'origine : il décrit la vidéo que nous voulons faire, avec les mots du sujet. En le lisant, l'équipe comprend l'idée sans même ouvrir la vidéo.

Décortiquer avant de tourner

Une vidéo d'inspiration ne se regarde pas une seule fois. Nous la transcrivons mot pour mot, puis nous la décrivons plan par plan :

  • l'accroche : ce qui se passe dans les trois premières secondes, avant que l'on ait eu le temps de faire défiler ;
  • la mécanique : question et réponse, classement, idée reçue démontée, dialogue, chute ;
  • le rythme : la durée des plans, le moment où la réponse tombe, la place du texte à l'écran ;
  • le son : une voix seule, une musique discrète, ou un son à la mode sur lequel tout est calé.

À la fin de ce décryptage, une ligne dit ce qu'il faut reproduire, et une autre ce qu'il faut changer pour le centre que nous allons filmer.

Une vidéo d'inspiration nous donne une mécanique, jamais des images. Tout ce qui apparaît à l'écran est filmé dans le centre.

Reprendre la mécanique, à la lettre quand il le faut

Tout dépend du type de vidéo.

Quand l'inspiration est une tendance, un sketch ou un son que tout le monde reconnaît, nous la reprenons à la lettre : le même texte, le même son, le même minutage, la même chute. Une tendance fonctionne justement parce qu'on la reconnaît. La réécrire pour la rapprocher du métier lui fait perdre ce qui la rendait drôle. Seuls changent le décor, les personnes, et l'accord des mots quand c'est une femme qui joue. Sur le tournage, nous diffusons le son pendant la prise : l'équipe joue en rythme, et tout se cale au montage.

Quand l'inspiration est une vidéo d'explication, c'est l'inverse. Nous gardons la structure, une question en accroche, une idée par plan, une conclusion simple, mais le fond vient entièrement de la praticienne ou du médecin. Rien n'est recopié : c'est leur savoir qui fait la valeur de la vidéo.

Pédagogique ou non : le ton de chaque centre

C'est là que tout se joue. Avant le premier tournage, nous regardons qui va parler, comment il parle, et ce que ses clientes viennent chercher.

Chez un médecin, le ton est pédagogique. Il informe, il explique un mécanisme, il corrige une idée reçue. Ses vidéos ne vantent ni un acte, ni un résultat, ni un prix : nous détaillons ce cadre dans notre article sur la médecine esthétique et la déontologie. Les formats s'y prêtent naturellement : une question posée par quelqu'un assis à côté de lui, un classement argumenté, la réaction à un article de presse ou à une vidéo qui circule, une explication où chaque terme s'accompagne d'un petit schéma animé.

Un médecin a peu de temps. Il reçoit donc la veille une fiche d'une page : l'axe de la vidéo, puis cinq à sept points. Le mot technique y figure quand il apporte quelque chose, et des mots de tous les jours pour le reste. Il garde ce qu'il veut, et le dit à sa façon.

Coulisses d'un tournage Lake Agency dans le cabinet d'un médecin esthétique, entre deux prises
Dans le cabinet d'un médecin, entre deux prises.

Dans un centre d'épilation ou un institut, le ton peut être plus léger. L'équipe connaît par cœur les questions des clientes et les situations du quotidien. Sketchs muets, dialogues de consultation, réponses aux idées reçues, tendances reprises dans la tenue du centre : l'humour rapproche, et il donne envie de pousser la porte. Il reste toujours au service d'une information juste.

Préparation d'un tournage à l'accueil d'un centre d'épilation laser, avec une praticienne de l'équipe
À l'accueil d'un centre d'épilation laser, on prépare les prises avec l'équipe.

Dans un centre qui se veut haut de gamme, le ton est posé. Plans larges, cadre fixe, explications courtes, habillage sobre aux couleurs de la marque. On ne cherche pas l'éclat de rire, on cherche la confiance.

Tournage dans un centre esthétique haut de gamme, micro en main, avec la praticienne
Dans un centre haut de gamme, micro en main, on cale la prise avec la praticienne.

Ces tons ne sont pas des cases. Un même centre peut publier une explication sérieuse le lundi et un sketch le jeudi. Ce qui ne change pas, c'est que chaque vidéo ressemble au centre, et à aucun autre.

Chaque centre garde son identité

Deux centres peuvent proposer les mêmes soins, parfois la même offre. Leurs vidéos ne doivent jamais se ressembler. Chacun a ses couleurs, ses polices, son style de titres et de schémas, et une musique qui change d'une vidéo à l'autre. Une cliente qui fait défiler son fil doit reconnaître le centre avant même de lire son nom.

Le jour du tournage

Nous venons tourner sur place, dans la clinique. L'équipe reçoit une fiche courte : une ligne par idée, avec qui joue. Pas de placements imposés ni de texte à apprendre : chacun improvise, et l'on refait autant de fois qu'il le faut. Notre article sur la méthode de tournage et de montage détaille ce qui se passe ensuite, du choix des prises aux sous-titres.

Deux habitudes nous servent à chaque tournage :

  • un plan large dès que deux personnes parlent, pour garder les deux visages et la réaction de celle qui écoute ;
  • toutes les prises, même ratées : c'est en les comparant que l'on retrouve la meilleure façon de dire chaque idée.

Laisser le public trancher

Quand deux prises d'une même idée sont bonnes, nous en tirons deux vidéos, et la seconde sert de test. Instagram propose pour cela les reels d'essai : ils sont d'abord montrés à des personnes qui ne suivent pas le compte, et peuvent ensuite être partagés aux abonnés s'ils fonctionnent.

Nous regardons ensuite quelles vidéos ont été vues jusqu'au bout et partagées, et nous tournons davantage dans ce sens la fois suivante. La veille, elle, ne s'arrête jamais : chaque mois apporte de nouvelles vidéos qui marchent, et chaque centre, de nouvelles questions de ses clientes.

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